L'IVRESSE PAR KMS

CAMILLE ROCHWERG ivresse@ivresse.net
LA MÉMOIRE DES LIEUX VOUS DÉSIGNE A CETTE ÉCOUTE

MARC   FRANCOIS - MOURIR A L'AIR LIBRE

 

NOUS SOMMES TOUS DES ERRANTS INTERSTICIELS « AUX BLESSURES ASSASSINES »
C'est un film de Jean-Pierre Denis qui se glisse étroitement liés aux cris fascinants d’amours et scandaleux de Christine ANGOT dans sa lecture citant cette dernière ligne « JE SAIS QUE J'AI DU TALENT » Ce soir CHRISTINE ANGOT m'évoque aussi l'envie de crier que MARC FRANCOIS avait du talent...
A CET EGARD
IL Y A QUELQUE CHOSE QUE JE COMMENCE A COMPRENDRE … Je ne serais plus l’homme que j’étais plus jamais…
Un être en état d'innocence – « Mais il s'agit d'autre chose... Une sorte d'incomplicité entre deux êtres de similitude... Et tout d'un coup une brèche s'ouvre sur une très grande lumière... Une lumière aussi pure. Blanche... Immaculée. » C'est important de s'abandonner au sommeil devant les autres... Et d’inscrire cet « Adieux à mourir. » Regardez comme notre sommeil est léger... Un instant nous nous réconcilions avec la respiration des choses. Pour que l’on ait en vie...
CAMILLE ROCHWERG SEPT 2006

NOUS SOMMES TOUS DES ERRANTS INTERSTICIELS « AUX BLESSURES ASSASSINES »

 

A CET EGARD
« LA RENCONTRE A BESOIN D’UN PEU DE TEMPS POUR QUE LA MEMOIRE NOUS CHOISISSE…
Il s'agit d'autre chose... Jamais délimitée... Une sorte d'incomplicité entre deux êtres... Il y a des similitudes... On dit que je côtoie le désastre... Le désespoir que je provoque qui est sur mon visage... Et tout d'un coup une brèche s'ouvre sur une très grande lumière... Une lumière pure... Blanche... Immaculée.
CES LIEUX DE THEATRE
s'établiraient sur une fréquence... Il faudrait lier les signes... On pourrait dire qu'il n'y a rien à voir, c'est le mouvement même du voir qui se laisse apercevoir, obliger de traverser le voir... A percer...voir... Dans le flux de la lumière. Voyager entre cette espèce de pacte... Entre le monde, la conscience, en même temps, sa fatalité, en même temps cette étrange liberté... Ce qui nous laisserait une possibilité de sens que de faire à chaque fois l'expérience d'une lecture... À travers les signes de ce que nous saurions... Inquiéter une autre texture... Autrement... Autrement percevoir...
EN MEME TEMPS LE THEATRE RECLAME ...
"L'épuisement des sols, parce que la quête de ce site... Phréatique... Temps... Sens... Mémoire... Flux... Quand il y a épuisement des sols... Dessèchement des nappes... Il ne reste plus qu'une surface où il ne reste que le langage... Circulant hors de lui-même et ainsi de suite, cette persévérance desséchée dans son état du corps, et ainsi l'état de sa mort... Recréer des conditions phréatiques, du mouvement, je ne sais pas ce qu'on en ferait ni ce que cela désigne... Phréatique dit aussi filtre, destination, dit que toute matière est filtrée, air, terre, eau, feu, disjoints, assemblés, l'accolement provisoire, une fracture, une fissure... Et dans la fissure, il y a quelque chose qui fraye... Et puis une dérive qui se métamorphose... Une particule de ce corps-là...
Et il y a du vide entre l'intuition, par quel chemin, se préparer de l'intérieur... Surpris d'être encore là".
ET C’EST CE QUE JE TENTE
Qu’importe la mort de l’homme pourvu que la forêt vive, on perd forcément de son individualisme pour la vie de la forêt….
Qui serait peut-être l’esprit et le temps, pour que ce certain temps de la forêt devienne l’espoir de l’homme et son essence, aussi l’esprit communautaire de la forêt pas simplement des hommes mais des arbres. En fait les arbres n’ont pas d’yeux pour nous regarder, mais cela nous regarde autrement, dans un autre temps.
"JE FAIS TREMBLER LES ACTEURS"
"J'aime bien quand le premier pas sur scène crée le risque, le danger, le tremblement? Je voulais qu'on sente les mains des hommes derrière ces murs, que les murs soient une sorte de sensibilité humaine. Les machinistes étaient comme des acteurs de l'ombre. Je crois que la représentation est d'autant plus difficile à voir, parce que l'on vit dans une société très étonnante, c'est évident que notre société ne fait que prôner une fausse santé humaine, cette sorte de gravité grimaçante qui m'horrifie. Et que la maladie ne serait pas quelque chose de riche, mais le privilège même de l'homme.
ET JE DISAIS
Jeter la tête par la fenêtre au public que les gens viennent. Au secours. Jeter la tête par la fenêtre, tentons de se réconcilier avec nous-mêmes, tentons de se réconcilier avec notre nature, avec la nature plutôt que de vivre dans un monde décapité.
Je déteste la bonté, la bonté de notre monde m’effraie parce que c’est un fascisme mental
Rien de vivant ne procède de la bonté.
COMME DIT GENET" LA VIOLENCE EST UNE AUDACE EN REPOS AMOUREUSE DES PERILS"
"POUR DESARTICULER UN CORPS D'ACTEUR"
Traverser par des ondes... "Si la représentation ne fait que reconduire les images que l'on voit, étrangement c'est comme si elle se séparait de sa responsabilité à être corps, mouvement, langage, chair"... "Hors de l'illusion d'une vérité du langage... Hors de l'illusion du tremblement... Je ne fais pas l'impasse sur la compréhension"... Il y a des voyages qui font douter des mots, des affects... Des affections...
À chaque fois je me plonge dans les trous ... Sur l'existence d'un jeu de pistes... Traverser... Lier les pancartes... Traverser ce symptôme d'être vivant... Faire tomber l'aporie de nos illusions... Afin que se présente une autre conscience...
Quelles confusions... Cette persévérance à revenir à l'acte d'écrire sans objet, sans finalité... Sans disparition, de ce qui menace sans cesse cette persévérance... On dit veilleur... Cet état d'où et où l’on revient, sans retour, y retournant sans cesse.
ILS SERAIENT DANS CETTE VIOLENCE-LA
Ce qui les ferait trembler et par cette confusion des contours du corps, on peut peut-être voir un autre corps jaillir qui serait peut-être le vrai corps de l'acteur. Vers une sorte de peur blanche immaculée, une peur qui n'a pas de nom, une peur qui n'est pas polluée, pour essayer de retrouver la virginité de la peur.
C’est l’endroit même de toutes les complexités, c’est comme dans certaines églises, il y a un endroit intenable, ou toutes les lignes de force se rejoignent, c’est un endroit intenable, c’est un endroit sacrificiel, c’est une chute comme l’ange déchu, on devient boiteux comme le diable l’est.
C’est évident que je tente un théâtre de la métamorphose continuelle. Pas seulement des acteurs de la scénographie des lieux de tout
Ou tout est rempli de sens et de métamorphose sous nos yeux
Ou le théâtre serait le chant des possibles de tout les possibles …
LE SILENCE EST AUSSI IMPORTANT
LA VIOLENCE qui peut exister sur la rencontre est une violence de travail, c’est quelque chose qui peut réveiller être lumineux, elle propulse… L’être… On devient une espèce de labyrinthe, on ouvre une porte, on ne sait pas ce qu'il y aura derrière la porte, et puis on en ouvre une autre... On n'est pas esclave d'un texte... Le silence est aussi important... Il y a un silence même à l'intérieur de la parole, il y a un silence à l'intérieur d'un geste... Et tout d'un coup, on entre dans un espace qui bouge. Cela fait appel à une mémoire très ancienne qui resurgit... Il y a longtemps, j'ai pris une photo de moi quand j'avais cinq ans... Mon visage était en modification... Je peux changer... J'ouvre une porte, je suis cette personne que l'on voit peu... Qui est en attente... Hors plateau... Entre le noir et la lumière, il y a cette présence très fugitive... C'est le même espace...
LA SEULE CHOSE QUI APPARTIENT A L'HOMME C'EST LE VOYAGE...
Forcément l'homme serait un nomade... Un nomade visiteur... Le voyage implique une métamorphose continuelle... Des paysages... Tout passe... Le reste du voyage qui suit n'existe pas... Tout est faux, les choses n'existent qu'au moment où on les voit... Le voyage est inscrit sur cela... Tous ces paysages seraient une création continue... au moment même... ce n'est pas innocent de parler de cette caresse infinie et en même temps... De parler du voyage qui lui appartient... Dans ce voyage... L'humain se défait... Continuellement... Le vent... Le voyage est une caresse incessante du corps... Qui efface... Qui ne s'arrête pas d'effacer... Cela vous apporte cette caresse... Le dessein d'un vieillissement...
LE RESSAISISSEMENT, C'EST LA VIE.
Il faut recommencer à voir, à regarder, à toucher, à sentir, les murs, le trottoir, les gens, à écouter la langue de l'endroit. Quelquefois il faut vraiment s'efforcer, marcher dans la rue, il faut se dire non, regarde, touche, voit, sent, écoute, touche pour recommencer à être ailleurs qu'en nous-même... C'est évident que je tente un théâtre de la métamorphose … Comme un théâtre où le théâtre serait le chant des possibles de tous les possibles...
Extrait de l'interview réalisé Le 9 Juillet 1991 avec Marc François Sur la création des " MUTILES" suivi de « CHUTES » mise en scène de CLAUDE REGY Par Camille Rochwerg

« QUAND J’AI VU LES MUTILES » J’ai écouté un texte noir et tremblant.
J’ai vu un monde malade. De petites maladies à la fois ordinaires et inimaginables, petits signes d’une grande maladie du monde.
J'ai senti le mariage de l’impuissance et de la cruauté, non pas avec le sarcasme cynique de nos auteurs bourgeois, mais avec la tendresse blessée de Ungar et Marc François et des acteurs.
J’ai vu des corps balbutier éclairés par les lumières tremblotantes, dans un décor aux mouvements de pauvre magie.
J’ai senti des acteurs se frayer un chemin minuscule vers l’indicible.
J’ai vu la solarité insolente du mutilé et la mutilation malheureuse de valides. J’ai compris une version enfin humaine et aimante de la crasse humaine. Je me suis retenu de rire et de pleurer, suspendu dans une atmosphère que je n’avais jamais rencontrée. J’ai dit « merci » à ceux qui avaient fait cela. Jean Pierre Vincent.

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MOURIR A L'AIR LIBRE VOIX EMRUNTEES AU FILM DE ZABOU BREITMAN "L'HOMME DE SA VIE " ECRAN D'ENCRE PRESSE SUR LE VIF